Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 17:32


SYNDROMES AND A CENTURY - Apichatpong Weerasethakul)



Me voici de retour sur ce blog pour vous parler de la liste des meilleurs films de la décennie mise au point par la Cinémathèque Ontario, au Canada. Rappellons que le programmateur de cette cinémathèque est James Quandt, auteur d'un livre sur Apichatpong Weerasethakul (ce qui explique que ses trois films sérieux - on ne peut pas vraiment considérer "The Adventures of Iron Pussy" comme un film sérieux - soient tous les trois en excellente place, au-delà du talent immense et indéniable de ce réalisateur).
Les films en italique sont les films que j'ai déjà vu et donc pour lesquels vous aurez peut-être la chance de lire une de mes critiques (;-)).


Voici donc la liste:


1. SYNDROMES AND  A CENTURY (Apichatpong Weerasethakul, Thaïlande/France)

2. PLATFORM (Jia Zhang-Ke, Hong Kong/Chine/Japon/France)

3. STILL LIFE (Jia Zhang-Ke, Chine)

4. BEAU TRAVAIL (Claire Denis, France)


5. IN THE MOOD FOR LOVE (Wong Kar-Wai, Hong Kong)

6. TROPICAL MALADY (Apichatpong Weerasethakul, France/Thaïlande/Allemagne/Italie)

7. LA MORT DE DANTE LAZARESCU (Cristi Puiu, Roumanie)
    WECKMEISTER HARMONIES (Bela Tarr, Hongrie)

8. ELOGE DE L'AMOUR (Jean-Luc Godard, Suisse/France)


9. 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS (Christian Mungiu, Roumanie)

10. LUMIERE SILENCIEUSE (Carlos Reygadas, Mexico/France/Pays-Bas)



Ce que nous dit cette liste:

- Le cinéma asiatique y est extrêmement bien réprésenté (5 des premières places), ce qui confirme l'excellent santé artistique de ce cinéma, repéré dans les nombreux festivals mondiaux et dans leurs palmarès. La Chine et Hong Kong gardent une position dominante et Weerasethakul représente un cinéma en émergence qui compte d'autres réalisateurs de talents comme Pen-ek Ratanaruang (thaïlandais également) ou le très remarqué Brillante Mendoza (philippin).
Ces cinéastes représentent le futur du cinéma puisqu'ils sont tous nés entre les années 50 et 70, ils sont un peu la nouvelle-garde du cinéma et on peut facilement leur trouver des points communs, entre autre par la variété de leurs approches (documentaire et fiction pour Jia Zhang-Ke, art contemporain, documentaire et fiction pour Weerasethakul). Les grands absents de ce classement sont bien sûr le Japon et la Corée, grands producteurs de films.

- Certaines cinématographies émergentes sont également représentées dans ce classement avec les pays de l'Est et l'Amérique du Sud. De nouveaux réalisateurs qui se sont fait remarquer dans des festivals internationaux permettent à ces pays de gagner une place dans le paysage cinématographique mondial (ce qui est relativement nouveau).

- La présence de la France, qui se partage entre ses réalisateurs prestigieux et confirmés (Claire Denis et Jean-Luc Godard ne sont pas franchement des nouveaux venus) et des productions étrangères. On remarque alors une sorte d'absurdité : la France parvient parfaitement à financer un jeune cinéma créatif étranger et fait preuve dans ce domaine d'un regard, d'une ouverture à la jeune création tout à faits exceptionnels mais a beaucoup plus de mal à faire émerger ses propres créateurs. Rappellons que Weerasethakul et Jia Zhang-Ke sont soutenus en grande partie par des productions françaises et que, sans certaines sociétés, de nombreux films présents dans ce classement n'auraient jamais vu le jour. Finalement, ce constat par rapport à la France vaut aussi pour son paysage cinématographique ambiant, qui donne encore (pour combien de temps ??) la place qu'il mérite à un cinéma d'expérimentation, de création étranger mais qui a plus de mal à faire en sorte que cette audace créatrice soit un moteur dans son propre système de financement...

- L'absence des Etats-Unis dans ce classement nous permet de nous rendre compte que, malheureusement, le cinéma américain n'est plus aussi bon qu'il le fut à un moment et qu'il a du mal à se renouveller. Pour un film de Terrence Malick ou de Francis Ford Coppola, combien de films indépendants arty et moyens ?? Ce classement fustige la création tendance version américaine et nous montre qu'on est bien loin des années 1970 où les Etats-Unis présentaient, au niveau du langage de l'image, des innovations et des exemples qui auront influencé bon nombre de cinéastes.

 - Le doublon de Weerasethakul et de Ja Zhang-Ke nous confirme qu'il y a actuellement des cinéastes à suivre et que certains grands créateurs peuvent encore nous émerveiller, nous questionner... bref, nous donner envie de renouveller notre déclaration d'amour au cinéma.




Et voici la suite de la liste:


11. L'ARCHE RUSSE (Alexander Sokurov, Russie/Allemagne)
12. THE NEW WORLD (Terrence Malick, USA)
13. BLISSFULLY YOURS (Apichatpong Weerasethakul, France/Thaïlande)

14. LE FILS (Jean-Pierre et Luc Dardenne, Belgique/France)
15. COLOSSAL YOUTH (Pedro Costa, Portugal/France/Suisse)
16. LES GLANEURS ET LA GLANEUSE (Agnès Varda, France)
     IN VANDA'S ROOM (Pedro Costa, Portugal/Allemagne/Italie/Suisse)
     CHANSONS DU DEUXIEME ETAGE (Roy Andersson, Suède/Danemark/Norvège)
17. CACHE (Michael Haneke, France/Autriche/Allemagne/Italie)
     A HISTORY OF VIOLENCE (David Cronenberg, USA)
     MULHOLLAND DRIVE (David Lynch, France/USA)
     THREE TIMES (Hou Hsiao-hsien, Taiwan)
18. ROIS ET REINE (Arnaud Desplechin, France)
19. ELEPHANT (Gus Van Sant, USA)
20. PARLE AVEC ELLE (Pedro Almodovar, Espagne)

21. LE VENT NOUS EMPORTERA (Abbas Kiarostami, Iran/France)
     YIYI (Edward Yang, Taïwan/Japon)

22. LE LABYRINTHE DE PAN (Guillermo del Toro, Espagne)
23. L'ENFANT (Jean-Pierre et Luc Dardenne, Belgique/France)
     THE HEART OF THE WORLD (Guy Maddin, Canada)
     I DON'T WANT TO SLEEP ALONE (Tsai Ming-liang, Taïwan/France/Autriche)
     STAR SPANGELD TO DEATH (Ken Jacobs, USA)
24. THE WORLD (Jia Zhang-Ke)
25. CAFE LUMIERE (Hou Hsiao-hsien, Japon)
     LA FEMME SANS TETE (Lucrecia Martel, Argentine/Espagne/France/Italie)
     L'INTRUS (Claire Denis, France)
     MILLENIUM MAMBO (Hou Hsiao-hsien, Taïwan/France)
     MY WINNIPEG (Guy Maddin, Canada)
     SARABAND (Ingmar Bergman, Suède)
     SPIRITED AWAY (Hiyao Miyazaki, Japon)
     I'M NOT THERE (Todd Haynes, USA)
26. GERRY (Gus Van Sant, USA)
27. DISTANT (Nuri Bilge Ceylan, Turquie)
     DOGVILLE (Lars Von Trier, Danemark/Suède/UK/France/Allemagne)
     THE ROYAL TENENBAUMS (Wes Anderson, USA)

28. ALEXANDRA (Alexander Sokurov, Russie/France)
     DEMONLOVER (Olivier Assayas, France)
29. ATANARJUAT, THE FAST RUNNER (Zacharias Kunuk, Canada)
     GOODBYE, DRAGON INN (Tsai Ming-Liang, Taïwan)
30. LONGING (Valeska Grisebach, Allemagne)
     SECRET SUNSHINE (Lee Chang-dong, Corée du Sud)
     VAI E VEM (Joao César Monteiro, Portugal)
     FAR FROM HEAVEN (Todd Haynes, USA/France)


un petit mot sur la suite de la liste:

La suite de la liste est partagée entre films réellement impressionants (ceux de Terrence Malick, Alexander Sokurov, les frères Dardenne, Cronenberg, Lynch, Hou Hsiao-hsien, Desplechin...) et films qui semblent avoir beaucoup moins leur place ici (on est surpris que LES GLANEURS ET LA GLANEUSE de Varda soient aussi bien classés, même s'il s'agit d'un très bon film)...
En conclusion, certains futures classiques, quelques découvertes (mais on aurait aimé qu'il y en ait davantage) et une sélection qui a le mérite de nous apporter un (excellent) aperçu du cinéma actuel.




 

Par Jeremy G. - Publié dans : critique de film
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 11:40


Informations générales:

traduction du titre: Le Destin
année: 1997
pays: Egypte-France
durée: 135 min
production: France 2 Cinéma, MSR International Films, Ognon Pictures


Cast:

Nour el-Chérif (Averroès)
Laila Eloui (Manuella, la gitane)
Mahmoud Hémeida (Al Mansour, le calife)
Safia El Emary (la femme d'Averroès)
Mohamed Mounir (le barde)
Auriol Lee (Isobel Sedbusk)
Khaled El Nabaoui (Nasser, Le Prince Couronné)
Seif Abdel Rahman (le frère du Calife)
Abdalla Mahmoud (Borhan)
Ahmed Fouad Selim (Cheikh Riad)


Equipe:
scénario: Youssef Chahine, Khaled Youssef
photographie : Mohsen Nasr
montage: Rashida Abdel Salam
producteur: Humbert Balsan, Gabriel Khoury
musique originale: Kamal el-Tawil, Yohia el-Mougy



Genre:
grand film épique et philosophique.


Anecdotes:
 
- Le film a remporté le Grand Prix du Cinquantième Anniversaire du festival de Cannes.
- Plusieurs scènes du film (tout le début) furent tournées dans la Cité de Carcassone (France).
- Plusieurs acteurs du film avaient déjà joué dans d'autres films de Chahine.

 

Synopsis
L'Andalousie, au XIIème siècle, Averroès, savant et théologien, est menacé par le Cheikh Riad, extrêmiste musulman qui n'a qu'une envie : renverser le Calife pour prendre sa place. Averroès, désigné comme Grand Juge par le Calife, est reconnu pour sa sagesse, sa tolérance et son équité. Il prône une vision d'un Islam humaniste. Mais le Calife, désirant amadouer les intégristes, ordonne l'autodafé de toutes les oeuvres du philosophe dont les concepts influenceront non seulement l'Age des Lumières en occident, mais aussi toute la pensée humaine. A travers les deux fils du Calife, tous deux proches d'Averroès, on assiste à la tentation de l'extrêmisme religieux qui met fin à toute joie de vivre et toute envie de création. Les textes d'Averroès seront finalement reproduits par ses proches et mis à l'abris. La défense de la liberté et d'un Islam tolérant et ouvert chers à Averroès et ses proches seront mise à mal, les extrêmistes gagnant très facilement de plus en plus de terrain, menaçant la culture, la création et mettant à mal la plus grande richesse humaine : la conscience.

CRITIQUE


note:
 19/20

Film très actuel sur la tentation de l'obscurantisme, "Le Destin" est probablement l'un des seuls films qui parvient à nous rendre intelligible la pensée d'un immense penseur tout en parvenant sans cesse à nous divertir. Chahine associe Averroès à une image de la joie de vivre, son foyer étant toujours le lieu de danses, de chants. C'est l'idée de cette philosophie humaniste, créatrice que défend Chahine et dans laquelle il se reconnaît. Le film se présente comme une conte épique, mêlant à la fois diverses histoires d'amour et des enjeux historiques. Chahine réussit avec maestria les différents aspects de son film, d'un côté tout ce qui l'apparente aux autres films egyptiens (chants et danses) et, d'un autre côté, ce qui l'apparente davantage à un film d'auteur (réflexion philosophique). Le film peut faire penser à certains romanciers comme Tolstoï ou Dostoïevski qui nous donnent, à travers des histoires d'amour, un aperçu vaste et complet de la situation de leur pays. Chahine nous montre combien l'extrêmisme est toujours proche tout en nous donnant une image de l'Islam infiniment nuancée, ce qui fait penser que le visionnage de ce film serait très utile, à la fois aux intégristes actuels, qu'aux personnes qui définissent trop facilement l'Islam comme une religion obtue, oubliant du même coup que cette civilisation fut probablement l'une des plus riches et des plus inventives que notre planète ait connue. Le film, trop facilement catégorisé comme un plaidoyer contre l'intégrisme est bien, plutôt, un vigoureux hommage à une pensée de l'Islam consciencieuse et lumineuse.
On pense alors que Chahine est dans la droite lignée d'Averroès, un grand penseur, humble et précis, loin de tout orgueil, pour lequel une seule chose compte : une liberté vitale.

Par Jeremy G. - Publié dans : critique de film - Communauté : video arts visuels Visual arts
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 11:18
Voici mes albums du moment. Je ne cours plus vraiment ces temps-ci mais ça ne m'empêche pas d'écouter de la musique. Une petite sélection:


Julian Casablancas - Phrazes for the Young (2009)





Julian Casablancas And New Japan Philarmonic World Dream Orchestra - American In Paris (2005)




Alexandre Desplat - Julie & Julia, Original Motion Picture Soundtrack (2009)





N.E.R.D - Seeing Sounds (2008)




The Kinks - Lola versus Powerman and The Moneygoround (1970)



Bonne écoute et à bientôt
Par Jeremy G. - Publié dans : critique musicale
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 18:44
Il faut bien dire que je ne vais pas souvent sur mon blog ces derniers temps... Un emploi du temps plus chargé, plus de temps passé à lire, regarder des films ou écouter de la musique (l'envie aussi de refaire de la photographie). Bref, le temps m'est compté pour écrire et j'utilise ce temps d'écriture à bien d'autres choses.
Cependant, et comme je me rend compte que je ne l'ai pas encore fait, voici un lien vers le site d'un jeune photographe, Léo Delafontaine, qui a été dans ma classe et qui, surtout, prend des photos impressionantes. Pourquoi impressionantes ? Je dirais parce qu'elles ont la capacité de nous transporter dans des mondes que nous ne connaissons pas, qu'elles nous donnent l'envie de nous y perdre, de les explorer et de, finalement, les aimer.
Voici le lien : http://www.leodelafontaine.book.fr/


Bonne journée. A bientôt



Jeremy 
Par Jeremy G.
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 12:58



Informations générales:

traduction du titre: Soupçons
année: 1941
pays: USA
durée: 99 min
production: RKO Radio Pictures
Noir et blanc
 

Cast:

Joan Fontaine (Lina)
Cary Grant (Johnnie)
Cedric Hardwicke (General McLaidlaw)
Nigel Bruce (Beaky)
Dame May Whitty (Mrs. McLaidlaw)
Auriol Lee (Isobel Sedbusk)

Equipe:
scénario: Joan Harrison, Samson Raphaelson et Alma Reville, d'après le roman de Francis Iles (pseudonyme d'Anthony Berkeley Before the Fact (Complicité)
photo: Harry Stradling
montage: William Hamilton
producteur: Alfred Hitchcock
musique originale: Franz Waxman



Genre:
 amour, meurtre et trahison.


Anecdotes:
 
- Alfred Hitchcock, comme dans nombre de ses films, fait un caméo à la 45ème minute comme un habitant du village postant une lettre.
- Joan Fontaine a remporté deux prix pour ce film : le New York Film Critics Circle Award et l'Oscar de la meilleure actrice en 1942.
- Joan Fontaine était nominée à l'Oscar de la meilleure actrice pour la deuxième fois, après son premier film avec Alfred Hitchcock Rebecca, deux ans auparavant (en 1940), Oscar qu'elle n'avait pas remporté alors. En 1942, l'actrice et sa soeur, Olivia de Havilland (actrice également) était toutes deux nominées pour le même Oscar, celui de la meilleure actrice.
- Le chien que Johnnie offre à Lina était le propre chien d'Alfred Hitchcock, appelé Johnnie, comme le personnage joué par Cary Grant (ce devait également être le titre original du film). Dans le film The Birds (1963), Alfred Hitchcock sort d'une animalerie pour un nouveau caméo en tenant Johnnie en laisse.
- L'Oscar attribué à Joan Fontaine est l'unique Oscar attribué à un acteur suite à sa participation à un film d'Hitchcock.

- Alfred Hitchcock pouvait travailler de façon très libre avec la RKO. Ce film est le troisième film de la période américaine d'Alfred Hitchcock qui a commencé en 1940 avec Rebecca. Le film se situe néanmoins en Grande-Bretagne (comme Rebecca d'ailleurs), cette Grande-Bretagne étant davantage un pays crée en studio qu'un décor naturel. 
- Le film a été repris plusieurs fois, en films télévisés (en 1987) ou en pièces de théâtre.
- La bande-annonce voit le personnage de Lina (Joan Crawford) raconter l'histoire du film et s'adresse directement au public de la salle de cinéma.
- Joan Fontaine raconte "Cary Grant/Johnnie Aysgarth, devait me tuer dans le montage original mais, en préséances, le public a refusé de le voir comme un assassin".
- C'est le premier film d'Hitchcock en tant que producteur et réalisateur. Sa femme Alma Reville, en est également la scénariste.
- Michèle Morgan a passé des essais pour le rôle de Lina et Constance Worth a remplacé Phyllis Barry pour celui de Mme Fitzpatrick.
- Joan Fontaine aimait tellement le personnage de Lina dans le roman original qu'elle a proposé à Hitchcock de jouer le rôle sans être payée.

 

Synopsis
Johnnie Aysgarth, play-boy sans le sou, masquant son oisiveté et son mauvais comportement derrière un charme évident rencontre la douce et riche Lina MacKinlaw dans un train, en essayant de voyager en première classe avec un billet de troisième. Lina, d'abord réticente devant les avances de Johnnie, finit par tomber amoureuse de lui quand elle réalise que ses parents craignent de la voir finir vieille fille. Elle épouse Johnnie, sans le consentement de son père et après une lune de miel dispendieuse, le couple s'installe dans une immense demeure. Lina se rend alors compte que Johnnie l'a probablement épousé pour son argent (leur rencontre dans le train était profétique, puisque Lina avait dû payer la différence du billet de Johnnie) et l'oblige à travailler. Johnnie commence alors à lui mentir, se faisant renvoyer de son travail, consacrant les économies de sa femme aux paris dans des courses de chevaux jusqu'au jour où l'associé de Johnnie meurt mystérieusement. Lina se demande alors jusqu'où est prêt à aller son mari pour vivre richement sans travailler...



CRITIQUE


note:
 19/20

Film très hitchcockien par sa capacité unique à mêler dans un même mouvement l'amour et le meurtre, la séduction et la peur, Suspicion marque un volet important dans la filmographie du réalisateur britannique puisqu'il trouve ce qui sera sa marque de fabrique pour les années à venir. Le film ressemble beaucoup à Marnie (1964) car l'histoire d'amour entre les deux personnages principaux, fusionelle, cache en fait des troubles psychologiques conséquents (Lina est à moitié paranoïaque et Johnnie est un menteur invétéré). Le film repose essentiellement sur ce principe de suspense dont Hitchcock deviendra une sorte de spécialiste. En créant des mini intrigues à échéances rapides, Hitchcock nous tient en alerte de façon constante. On se demande sans cesse ce qui va arriver aux personnages dans la minute qui suit : seront-ils morts, assassinés ? Seront-ils dans les bras l'un de l'autre ? Le film est marquant également par sa mise en lumière : que ce soit les ombres incessantes qui tournent autour du couple et les emprisonnent dans des toiles d'araignées visuelles ou la lumière dans le verre de lait (anecdote d'Hitchcock révélée à Truffaut pour leur série d'entretiens), tout est mis en oeuvre par le maître pour rendre un environnement à priori agréable angoissant, terrifiant, de façon complétement irrationnelle (on pense ici à Notorious en 1946, avec Cary Grant et Ingrid Bergman). Hitchcock met en oeuvre dans ce film deux principes : les rencontres du hasard (qui finissent par déterminer une vie : la rencontre de Lina et Johnnie), principe que reprend allégrement Woody Allen dans Match Point, par exemple et le principe de suspense qu'il expliquait ainsi : mettre un personnage dans un environnement qui lui sera incongru. Ici, la vieille fille de bonne famille face au play-boy, menteur et parieur invétéré, source de suspense, de doute des personnages l'un envers l'autre...
Ce qu'arrivent parfaitement à faire Hitchcock dans ce film, derrière ces deux ficelles, c'est montrer la détresse des deux personnages, le fait que la vie ne donne pas toujours aux êtres ce qu'ils souhaitent. Soit une étude psychologique extrêmement fine derrière un film de suspense. Cet art, car c'est un art et un grand, est définitivement la marque du génie : prendre un canevas assez classique et le transformer, le rendre source de fantasmes et de rêves. Un pur "Hitchcock movie".




Quelques images en +



PREMIERE RENCONTRE




 
LE RETOUR APRES LE VOYAGE DE NOCE




 
LE VERRE DE LAIT ECLAIRE ET LA TOILE D'ARAIGNEE



 
 L'AMOUR MEURTRIER




 
Par Jeremy G. - Publié dans : critique de film
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 14:36
Voici un site internet qui mériterait d'être mieux connu et de remplacer le visionnnage de certains bulletins d'information qui ont (de plus en plus) du mal à remplir leur rôle : http://petites-phrases.com/
La phrase d'accroche du site "Parce que la politique, c'est d'abord la confrontation d'idées nobles" a de quoi faire rire ou grincer des dents (ce qui n'est jamais très loin finalement, tout dépend de quel pied on se lève le matin...) mais finalement, elle pose une bonne question d'actualité : au-delà de la réforme de l'orthographe qu'on nous promet depuis des années (et qui bizarrement est toujours abandonnée devant la promesse de montagnes de difficultés), le problème dans l'usage du français semble être avant tout un problème d'expression. D'ailleurs, on peut en trouver pour preuve que les journalistes de télévision et les hommes politiques sont ceux qui font le plus de fautes (alors qu'on les lit assez rarement). Le site regorge donc de ce type de perles, exposant de façon insolente les fautes d'expression ou les petites attaques rhétoriques, les répertoriant dans un inventaire à la Prévert ou à la Pérec. Voici quelques extraits choisis:

"J'aimerais bien voir une gauche remodelée par-delà les appareils qui la corsètent."
(Bernard-Henri Lévy, usant avec emphase de son vocabulaire fleuri)

"Ségolène c'est comme Sarkozy, c'est une image, plus dans la version madone que nain surexcité. Ségolène, cette femme mystique incompétente."
(Emmanuel Todd interviewé par Karl Zéro et nous gratifiant d'une analyse toute en finesse)


Bonne lecture et n'hésitez pas à poster sur le site... 
Par Jeremy G.
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 16:18


Géant du textile japonais (1 Milliards de dollars de bénéfices pour 7 Milliards de chiffre d'affaire), Uniqlo débarque en France pour essayer de détrôner le scandinave H&M, l'américain Gap ou encore l'Ibérique Zara. La marque, qui vient d'ouvrir (le 1er octobre) à grand renfort médiatique, une boutique dans le quartier Opéra propose, pour attirer les premiers clients des pulls en cachemire ou des jeans à moindre prix.
Au-delà de cet engouement, très hype (les parrains d'Uniqlo sont Hafzia Herzi, qui jouait dans La Graine et le mulet de Kechiche, Emmanuelle Seigner, épouse du médiatique Polanski, chanteuse de rock endiablée et actrice reconnue, Léa Seydoux, valeur montante vue chez Honoré ou dans le dernier Tarantino et Sébastien Tellier, un des pontes de la French Touch, qui avait représenté la France à l'Eurovision l'année dernière), Uniqlo a la bonne idée de proposer des vêtements basiques (que tout le monde peut vouloir pour sa penderie) et pas chers. Les couleurs acidulées et la popularité actuelle de la culture nippone faisant le reste.
Bref, tout ça pour dire que Uniqlo a un site internet très amusant sur lequel on peut voir pleins de japonais (mille en tout mais ils apparaissent de façon aléatoire) qui enfilent un sweat à capuche et se le repassent. Le projet a été tourné dans Tokyo et l'on peut voir des gens très différents (ça va de la mère de famille, à la grande-mère en kimono, du sumo aux business men et women). L'idée est simple : on filme chaque personne de face, au centre du cadre (et toujours dans la rue). Par la gauche, on lui demande d'attraper un sweat qu'on lui tend, elle le met, fait une mimique et le repasse à son voisin, par la droite. D'où une valse où les tokyoïtes se repassent sans cesse un sweat qui change sans arrêt (la mère de famille ne s'habillera pas pareil que l'adolescente) accompagnée d'une musique hypnotisante.
Une idée simple mais qui fonctionne : ils sont forts ces Japonais !!


lien : http://www.uniqlo.com/uniqlo1000/ 



Fascinant de voir à quel point le logo rappelle encore les marque rouges sur les calligraphies japonaises. Au Japon, modernité et tradition ancestrale sont vraiment deux profils d'une même identité.
Par Jeremy G.
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 16:01


Du 16 juillet au 10 novembre, 2009 (soit vingt ans après la chute du Mur de Berlin), l'INA (Institut National de l'Audiovisuel) et dailymotion proposent, via dailymotion de télécharger des vidéos sur l'histoire de Berlin (reportages, documentaires : images d'archives stockées par l'INA). Le but est que chaque personne "remixe Berlin et son histoire".
Les meilleures vidéos (ensuite chargées sur dailymotion) seront récompensées par des prix et des cadeaux.
Je trouve ça très bien qu'il y ait ce type de concours, dommage qu'on n'ait pas assez d'infos là-dessus. Moi qui passe beaucoup de temps sur dailymotion, je n'en entends parler qu'un mois avant qu'il se termine (ce qui ne m'empêchera pas de le faire).

Voici ce lien, pour ceux que ça intéresse.


Bon dimanche 
Par Jeremy G. - Publié dans : actualité artistique
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 11:12


L'installation du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul vient d'être inaugurée au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris. Elle y sera présentée jusqu'au 3 janvier prochain. Cette exposition est également présentée à Liverpool mais y a été inaugurée avant.
Il est assez surprenant de constater que tous les articles d'actualité sur cette exposition sont des articles anglais.

Hier néanmoins, j'ai pu écouter une émission de France Culture, vers 11h du matin qui s'appelle "Tout arrive" et qui parlait surtout de l'exposition sur Jean Renoir mais évoquait pendant dix à vingt minutes cette nouvelle exposition.
Je pense y aller bientôt, je vous donnerai mes impressions.

@ bientôt,


Jeremy 
Par Jeremy G. - Publié dans : actualité artistique
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 10:48



LE PARC

chorégraphie d'Angelin Preljocaj pour l'Opéra National de Paris

année: 1994

Avec Le Parc, créé en 1994 pour les danseurs du Ballet de l'Opéra, Angelin Preljocaj s'interroge avec lucidité sur le cheminement des passions et la guerre des sexes.
Jeux de l'amour dans un jardin français.
Comme il le dit lui-même "Qu'en est-il aujourd'hui de l'amour, pris dans la confusion de la crise, en proie au doute, confronté au sida ? Comment se manifeste le cheminement des sentiments, l'itinéraire des passions ? ... Si la capacité de résistance tend à exacerber le désir, il semble aussi que cette volonté d'enrayer les progrès de la passion, tout en lui donnant une courbe particulière, finisse par exalter davantage l'amour.
De La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette aux Liaisons dangereuses de Laclos, en passant par la Carte du Tendre de Mlle de Scudéry, toute cette littérature déjà nous a précédés dans la ritualisation sophistiquée des affres de l'amour, comme pour échapper à l'abîme du quotidien et du banal".

Musique: divers concertos et pièces pour cordes de Wolfgang Amadeus Mozart
Création sonore: Goran Vejvoda
Décors: Thierry Leproust
Costumes: Hervé Pierre
Lumières: Jacques Chatelet


Chorégraphie magnifique d'Angelin Preljocaj, Le Parc est une oeuvre qui permet de voir divers styles de danse, divers approches amoureuses et nous entraîne dans une idée de la France qui évoque, par le décor comme par les costumes, les temps de monarques absolus, comme Louis XIV ou Louis XV. Le ballet prend parfois des tournures presque précieuses, la danse montrant un art de l'amour qui, à une certaine époque, occupait toute la vie des personnes de la cour. Intrigue amoureuse (comme dans Les Liaisons dangereuses) ou renoncement chaste, pure à l'amour (comme dans La Princesse de Clèves), Preljocaj explore toutes les facettes d'une vie amoureuse alors omniprésente. La danse des jardiniers, à l'opposé, personnages froids un peu habillés comme des ouvriers de sidérurgie est une danse carrée, mécanique qui fait penser à la mécanisation des gestes de Chaplin dans Modern Times. Ils sont néanmoins, comme l'explique Preljocaj des sortes de Cupidon qui guident la danseuse étoile (...) vers les danseur étoile (...) pour un final exthatique sur une musique de Mozart.
Preljocaj décrit une époque de plaisirs, de douleurs aussi où l'amour avait une place singulière, centrale : sa vraie place ? 


Par Jeremy G.
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